L'Architecture...Le devenir....
Le colombier de nos campagnes
Architecture - Aménagements
(Suite)
La Tourelle Fuye
Il s’agit d’aménagements situés au sommet des tours d’escaliers des manoir.
Ces refuges contenaient de 60 à 170 boulins. On peut imaginer les difficultés rencontrées lors de l’évacuation de la fiente par les escaliers d’accès étroits et inclus dans l’habitat…

Le Devenir des Colombiers
Comme vous l’aurez compris, le colombier a représenté durant des siècles, un symbole lié au régime féodal et à ses privilèges. Il aurait donc dû disparaître lors des diverses révolutions de 1675 ou de 1789. Pourtant, il n’en fut rien, seuls quelques-uns furent rasés.
Les autres, paradoxalement, furent sauvés par l’abolition des privilèges dans la nuit du 4 août 1789 puisque désormais toute personne pouvait s’adonner à l’élevage du pigeon.
Ce n’est que plus récemment que les colombiers furent en péril……
On peut encore constater leur présence dans des cadastres rédigés entre 1810 et 1850..
L’élevage du pigeon, même avant la révolution de 1789 , ne fournissait déjà plus la nourriture principale des nobles, son utilité allait disparaître aussi par la supplantation de la colombine par la production d’engrais naturels plus abondants puis par les engrais chimiques.
Ces bâtisses, prévues pour une utilisation précise, devinrent également inutiles malgré des tentatives de réemploi ( celliers, cave, porcheries, poulaillers, garages….).
Pour la majorité d’entre eux, ce fut la déchéance physique : ruine, puis un beau jour on abat la ruine. Pour un particulier, restaurer ou entretenir un colombier coûte très cher car peu utilisable.
Pourtant ces colombiers, au même titre que d’autres bâtisses locales mieux considérées, appartiennent à notre patrimoine, tant du point de vue architectural que sur le plan historique : sa présence atteste de l’existence d’un ancien fief ou d’un lieu noble…..
Aujourd’hui, rares sont les colombiers habités. Les pigeons ne colonisent pas spontanément un colombier désaffecté, d’une part à cause de l’insécurité liée à la présence des rapaces, d’autre part au fait qu’il faut , pour réintroduire des bisets sauvages, leur apporter tranquillité, les enfermer en couples et les nourrir. C’est seulement au bout de deux couvaisons qu’ils vont s’adapter à leur demeure et qu’on pourra les laisser sortir sans craindre de les perdre. Les premiers importateurs n’ont guère agit différemment pour y introduire les premiers habitants, au Moyen Age !
La conservation de ces édifices passe par une prise de conscience des collectivités locales et nationales, la mobilisation de mouvements associatifs et, sans doute, l’affirmation du caractère véritablement historique du colombier.
Rappel des Sources utilisées pour établir ce document :
- Docteur Jean AUFFRET : Colombiers et Pigeonniers en Bretagne profonde [Editions régionales de l’Ouest].
- Bulletin Municipal de Planguenoual ( Côtes d’Armor).
« Pays d’Argoat » : revue d’histoire et d’Archéologie de la région de Bourbriac, Côtes d’Armor. ( numéro 26, du second semestre 1996).
GLOSSAIRE
BOULIN :
Le boulin est une pièce de bois fixée dans la maçonnerie pour échafauder.
Il indique aussi le trou laissé dans la maçonnerie après la dépose du boulin. Par extension, il désigne le trou qui sert de niche aux pigeons.
COLOMBIER :
C’est un édifice bâti à même le sol, à l’écart des habitations et dont les boulins vont du sol au sommet du mur.
Il est dit « colombier à pieds ». Le mot colombier vient du latin « columbarium » qui a donné « coulom », ancien nom du pigeon, ainsi que le français médiéval
« colomer ». Au Moyen – âge, c’est souvent le mot « coulombier » qui ressort le plus dans les actes écrits.
COLOMBINE :
Fiente de pigeons utilisée comme engrais.
COLUMBARIUM :
Bâtiment pourvu de niches où sont placées les urnes cinéraires, dans un cimetière ou dans une nécropole.
FUIE ou FUYE :
Vient du français « fuyard » ou du latin « fuga ». selon certains érudits, fuie ( ou fuye) était synonyme de colombier. Pourtant, des Aveux du XVIè siècle notent la présence de colombier et de fuye sur le même fief. [ cette fuye était probablement la tourelle fuie. En pays non-bretonnant, la fuie désigne toujours le colombier].
FUYARD :
Désigne le pigeon à demi sauvage qui habite le colombier.
KOULDRY :
Ce terme breton qui désigne le colombier est formé de « Koulm » = pigeon et « ty » = maison, demeure. C’est la demeure des pigeons.
LANTERNON OU LANTERNEAU :
C’est la construction circulaire, percée de baies, qui somme le colombier.
PIGEONNIER :
Ce terme apparut dès la fin du XVIIè siècle pour désigner tout abri à pigeons, à l’exception du colombier à pieds. En Bretagne, dans le langage courant, les termes pigeonniers et colombiers sont indifféremment utilisés ( sans doute à tort !).
Sous l’ancien régime, les coutumes utilisaient un vocabulaire bien précis. Ainsi, en Bretagne, les Aveux des X et XVIè siècles différenciaient les colombiers des abris ou refuges à pigeons ordinaires….
PISE (pronocer "pisé") :
Matériau de construction constitué de terre argileuse moulée sur place. Ce matériau est souvent utilisé pour la construction des colombiers, en particulier dans la partie Est de la Bretagne.
VOLIERE :
Construction fermée bâtie en bois sur piliers.

Colombier de GUENEZAN
22 - BEGARD
Entrée de l'Armoriparc
Ci-contre :
Ruiné de Ville Chevallier




Ci- dessus, le Colombier de Morieux situé à l'intérieur du domaine privé du Golf de 22- MORIEUX
Fuye du manoir de la Ville Nihon
22 - PLENEUF VAL ANDRE
Un des rares Colombiers de bord de mer..
Bel exemple de restauration et de réhabilitation d'un édifice qui se ruinait.
C'est l'Association KOULDRI qui mène cette
opération...
